samedi 1 juin 2013

Virée aux Tombeaux des Mings

La Chine est un Empire millénaire. Cette riche histoire est (à raison) source de fierté pour ses habitants. En fin de semaine dernière, nous sommes partis avec un couple d'amis (Élodie et Julien) à la découverte de l'un de ses fragments: le Tombeau des Ming.
Au départ de Pékin, une heure de bus suffit à nous amener aux portes du tombeau de l'un des plus éminents représentants de cette très pérenne dynastie (1368 - 1644): l'Empereur Yongle, qui régna avec talent sur l'Empire du Milieu de 1402 à 1424.
Il a poursuivi un objectif simple (faire prospérer le pays) avec des moyens colossaux au service du développement du commerce, de la science et de la défense.
Le développement du commerce, tout d'abord. Commerce interne, bien sûr, dont l'expansion doit beaucoup à la restauration du Grand Canal (de 1411 à 1415) reliant Hangzhou à Pékin (1 794 km tout de même). Commerce externe, également, avec l'organisation de grandes expéditions maritimes. L'amiral Zheng He (à retenir: c'est le Christophe Colomb local) fut nommé à la tête d'une flotte colossale tant par le nombre (plusieurs centaines de bâtiments!) que par la taille de ses unités (la longueur des "navires aux trésors" est estimée entre 60 et 120 m!). (Et pour la petite histoire, ces chantiers navales réduisirent de moitié la couverture forestière du Sud de la Chine!). Ces majestueux vaisseaux sillonnaient les côtes de l'Océan Indien, les calles chargées d'or, d'argent, de soie et de porcelaine, échangés au gré des escales contre de l'ivoire et des animaux exotiques. Le développement des échanges eurent tôt fait de placer la Chine au centre de toutes les attentions, au point que la cour impériale de l'époque est partout décrite comme "submergée par les diplomates étrangers".
Le développement des savoirs, ensuite. De 1403 à 1408, deux mille érudits travaillèrent sous la direction de l'Empereur à une somme des connaissances de l'époque dans des domaines aussi variés que l'agriculture, les arts, les technologies, l'astronomie, la géologie, l'histoire, la médecine, les sciences naturelles, la religion, etc. L'Encyclopédie de Yongle fut l'aboutissement de ses travaux. Elle comportait 11 095 volumes. Une infime partie de ce recueil (400 volumes...) a échappé aux outrages du temps (guerres, incendies). L'ouvrage reste considéré comme l'une des plus remarquables entreprises de savoir de l'histoire de l'humanité (derrière Wikipédia?).
;)
Le développement militaire, enfin. Le commerce n'était pas le seul objectif de la flotte de l'amiral Zheng He. Elle constituait également la première force navale de son temps. Un outil diplomatique et militaire clé qui permit de placer de nombreux pays étrangers sous la sphère d'influence de l'Empire (dont le royaume de Kotte -Sri Lanka, et l'île de Sumatra). Par ailleurs, le transfert de la capitale de Nankin à Pékin en 1409 suivait aussi une logique militaire: il avait vocation à renforcer les capacités de défense de la frontière nord, d'où proviennent historiquement la plupart des menaces d'invasion. L'occupation du royaume du Đại Việt (en 1407) visait pour sa part la sécurisation de la frontière Sud du pays.
Une conclusion utile pour l'avenir: aux grands hommes -tous sourds au concept d'austérité, les patries reconnaissantes.
Le Musée du Tombeau de Yongle.
L'Empereur Yongle en pijama
L'amiral Zheng He, qui mena les grandes expéditions maritimes impériales du début du XIVe siècle
Une maquette de l'un des "Navires aux trésors"
La carte des expéditions maritimes
La Voie des Esprits (ou Voie Sacrée) est une route de 7 km qui marque l'entée de la nécropole impériale des Ming. Le corps du défunt était amené par cette voie lors des funérailles. De nos jours, la Voie Sacrée est surtout connue pour son allée des statues (représentation ou allégorie des âmes des défunts de sang royal). 12 statues de personnages civils et militaires et 24 statues d'animaux - lions, chameaux, éléphants, chevaux,  qilin (animal mythique chinois) se dressent de chaque coté de la voie sur 1 km. Delphine, Julien, Elodie: les Esprits de la Voie des Esprits.


很高兴 (prononcer "Rrrrenne gao shing", signifie "enchanté")
Fais pas ton malin toi!
Les sculpteurs sont bons...
... mais ils n'ont jamais du voir à quoi ressemble un lion...
   




dimanche 26 mai 2013

United States of America, here we are!

Changeons un peu de latitude... En fait, allons carrément à l'autre bout de la Terre: la côte Est des Etats-Unis, plus précisément à Wilmington en Caroline du Nord.

Au passage, félicitations aux deux jeunes mariés qui se reconnaîtront et que nous remercions pour nous avoir donné la chance de les accompagner :-)

Nous avons eu l'occasion de découvrir ce fabuleux pays pour quelques jours. Au programme, plage, visites, le tout sous un soleil radieux... Voici un petit aperçu.



La plage des Frères Scott :-)

La maison, entourée d'écureuils...

Charleston

Charleston



C'est vraiment, vraiment très dur de vivre ici...

samedi 6 avril 2013

Tianjin et Grande muraille

Tianjin: pas grand chose à voir, mais tant à goûter!

La plupart de mes collègues chinois ne sont pas à l'Ambassade. En fait, ils ne sont même pas à Pékin. Ils travaillent à Tianjin, la 4ème agglomération du pays (avec quelques 13 millions d'habitants), située à 120 km (30 min. en train rapide) au Sud-Est de la capitale. 80% des besoins de la ville en eau potable sont assurés par un lac-réservoir passablement pollué. Dans le cadre du projet que je coordonne, des experts français viennent régulièrement échanger avec leurs homologues chinois sur la manière de mieux gérer cette ressource.
Je me suis donc rendu à Tianjin à de nombreuses reprises, mais exclusivement pour le travail. Je n'en connais pas l'histoire. J'ignore tout de ses monuments, de ses quartiers. Mes collègues nous ont offert, à Delphine et moi, de nous faire découvrir tout cela le temps d'un week-end.
Enfin, tout cela... De l'aveu même de nos guides perso, pas grand chose à découvrir en réalité... Sans le charme de l'architecture (très européenne) de certains de ces quartiers, héritée de l'époque des concessions (française notamment), la ville portuaire n'échapperait pas au constat qui s'impose à l'ensemble des grandes agglomérations chinoises: l'anonymat.
Comme partout ailleurs dans le pays, des quartiers entiers sont périodiquement détruits et reconstruits, autant pour faire face à la vétusté précoce des bâtiments de piètre qualité que pour absorber dans des immeubles toujours plus grands et toujours plus hauts les masses fuyant la campagne pour un hypothétique el dorado urbain. Ces barres n'ont pas plus d'attraits dans ces contrées extrêmes orientales que dans notre douce France.

L'héritage "colonial" donne pour sa part un certain cachet à la ville. On retiendra en particulier les nombreuses églises de Tianjin. Voilà en effet un trait particulièrement singulier.  Le communisme sauce aigre-douce n'est pas beaucoup plus tolérant vis-à-vis de l'opium du peuple que son lointain cousin soviétique. Les religions sont surveillées de près. Il y a deux églises catholiques ici. Celle qui est "adoubée" par le parti, qui dispose de lieux de culte où les croyants peuvent se rendre en toute liberté, et celle qui est reconnue par le pape et dont l'exercice du culte ne peut se faire qu'en secret. On la désigne d'ailleurs sous le nom "d'église souterraine".
C'est pourquoi nous avons été pour le moins surpris par le nombre des églises et des croyants, particulièrement fervents en ce week-end de Pâques. Surpris, aussi, par le coté très "pop" de l'édifice que nous avons pris le temps de visiter (les murs sont bariolés de couleur très vives ; désolé, mais pas de photos, par respect pour les fidèles).

On retiendra, surtout, les restaurants dans lesquels nous avons mangé dans lesquels nous nous sommes goinfrés. Que de bonnes choses à découvrir! Le yaourt chinois à la confiture d'azeroles. Les jujubes au miel. Les beignets à la citrouilles. Les poissons aux piments. Les biscuits aux figues. Certes, il y avait aussi du pied de porc... Nous pouvons affirmer sans l'ombre d'un doute que non, tout n'est pas bon dans le cochon!
Oui, la nourriture y est aussi bonne que la déco' est belle!

China house: LA visite qui vaut le détour à Tianjin. Une vieille bâtisse recouverte de porcelaine chinoise. Le résultat fait penser à une œuvre de Gaudi.

Plus de têtes à ces bouddha: le pillage des occidentaux et la révolution culturelle sont passés par là...


Les nouveaux quartiers de la ville sont plutôt laids. Du coup, j'envisage de revisiter le concept de destruction-créatrice.


 
Dans un temple bouddhiste, nous sonnons la cloche pour faire résonner nos prières

Tout un symbole... :)

L'église "pop"


Nos guides! UN GRAND MERCI!


La Grande Muraille II: le retour de la vengeance du mur qui fait mal aux pieds

Notre vie à Pékin est régulièrement troublée par un mal très commun au sein de la communauté des expatriés: la nostalgie des grands espaces et la nécessité de voir du "vert" (ou quelque chose d'approchant).
Rien de tel pour y remédier qu'une rando à la Grande muraille le temps d'un week-end! Problème: il y a rando et rando. La rando-promenade pour toute la famille et la rando-hard core, comprenant escalade sur terrain accidenté et dénivelé meurtrier.
Celles auxquelles nous nous adonnons correspondent à la seconde catégorie. A chaque fois que nous parvenons au bout de ce parcours du combattant, dur, dangereux, nous nous jurons mutuellement "plus jamais ça".
C'est en effet ce que nous nous étions dit après avoir tenté l'expérience avec la petite sœur de Delphine, Cécile. Oui, mais voilà: c'est devenu le meilleur souvenir de son séjour. Elle en conclue le récit avec la fierté de l'exploratrice: "je l'ai fait!". Nous avons nous même pris goût à cet effort sublime ainsi qu'aux paysages à couper le souffle qui s'offrent aux regards des randonneurs les plus téméraires au cours de ces expéditions kamikazo-aventurières!
Nous y cédons donc régulièrement.
Quelques photos pour vous convaincre que ce n'est pas (tout à fait) injustifié!











Nos guides ne manquent pas d'humour: la randonnée se termine au cimetière...

lundi 11 mars 2013

Que mange-t-on en Chine? (version idyllique)

On continue avec notre thème nourriture!
Un bref aperçu de ce que l'on déguste dans les restaurants chinois. 

Fondue yunnanaise, dé-li-cieux! On plonge les légumes, le tofu, la viande etc. dans un bouillon quelques minutes, avant de les récupérer à l'aide de louche et de baguettes et de les déguster!


Un petit tour du côté des fast-food. Il y a quelques fast-food chinois, celui-ci est Japonais... Dans nos bols, du riz, des légumes et de la viande! 

C'est bien joli de montrer les étalages de Carrefour, mais qu'y trouve-t-on concrètement ?

En Chine, il ne faut pas se fier à l'apparence... Il s'agit d'une prune séchée "han style" (ne me demandez pas ce que c'est, je sais juste que c'est différent du "gnangnam style" et que c'est sucrée et bon!)

 Plus calorique, les patates violettes!
 Noix de jujubes confites, très appréciées ici dans les soupes, le thé, etc.


Mais que vois-je? Des marques françaises au Carrefour!? Ouf, nous sommes sauvés! Le Camembert nous a suivi jusqu'en Chine!